Présentation de matériel aux USA

Il existe une revue américaine, éditée depuis les années soixante, en anglais bien entendu, qui ne parle que de chevaux de trait (et un peu de mule(t)s), "The Draft Horse Journal".
Je vous ai traduit un article paru en 2006 sur une grosse manifestation qui se déroule là-bas depuis quelques années. Ce n'est absolument pas une manifestation folklorique ou passéiste. C'est une démonstration de matériels agricoles modernes pour des utilisations d'aujourd'hui, une vitrine pour les fabricants.
Cela peut peut-être donner des idées pour en organiser une ici … ou monter un voyage d’étude là-bas …

Chaque année, depuis 13 ans, aux Etats-Unis, se déroule une très grande manifestation de démonstration de matériel agricole … en traction animale, « The Progress Day »
Le but est de démontrer et exposer de nouveaux équipements modifiés pour la TA pour les travaux des champs, la forêt, etc …
La manifestation change d’endroit chaque année, mais en général se déroule pas très loin des territoires Amish, près desquels sont concentrés les fabricants de matériel.
En 2006, la manifestation avait attiré des visiteurs étrangers : australiens, belges et allemands.
Comme fabricant , il y avait entre autres Charles Pinney et son avant-train ; un chilien : Hugo SANHUEZA ; et Pionneer qui présentait une très bonne charrue qui retourne la terre sans faire de mottes contrairement aux socs modernes (charrue tirée par 6 percherons), et qui présente une clavette de sécurité qui se casse en cas de blocage pour éviter de casser un soc..
Des initiations, séminaires, discussions ont attiré beaucoup de monde.
Il y avait bien sûr des démonstrations en carrière. Un séminaire sur la conformation équine, sur les avantages d’avoir des chevaux à la ferme.
Un stand donnait des leçons de menage comprenant 10 astuces pour se sortir des mauvaises situations avec ses chevaux.
Une épreuve de traction a rassemblé 11 équipes. Le clou a été une équipe de 12 chevaux tirant une charrue 4 socs.

Ce salon a beaucoup apporté au niveau de l’information sur le matériel, le savoir transmis et les pratiques inspirées. C’est un salon commercial, bien sûr, mais c’est également l’occasion pour des passionnés de se rencontrer.
Le but est de montrer du matériel, mais aussi ce que peuvent accomplir les chevaux de trait en agriculture. C’est donc une manifestation sans pareil.

Les races présentes étaient variées : Brabants, percherons, chevaux de trait crème, haflingers, trait flamand (belgian), shires, chevaux de trait pies, poneys de trait, mules, ânes, bœufs.Les traits brabant utilisés à cette présentation ressemblaient à leurs congénères élevés maintenant en Belgique, alors que les chevaux appelés Belgian (trait flamand) aux USA ressemblent tout à fait à l’ancien trait flamand.
Les USA avaient choisi de payer cher pour avoir des chevaux plus légers, plus fins, alezans crins lavés, alors que leurs cousins du Vieux Continent devenaient plus lourds, avec des membres plus forts et pouvaient avoir des robes rouannes.
Un petit groupe de Belges a choisi de développer le type Belgian américain. La reconnaissance s’est faite en France le 21 juin 2005. Ils ont repris le nom du registre flamand, avec assez bien de difficultés à cause de l’opposition des anciens éleveurs de Brabant.
Il y a un intérêt à mélanger le sang des deux côtés de l’océan car du côté européen, trop de poil aux membres provoque des problèmes de peau.
Chaque étalon devra être jugé avant d’être agréé, ainsi que ses poulains. Le studbook est ouvert uniquement aux 100% Américains et Canadiens et leurs poulains. Ceux-ci, accouplés avec des Brabant, seront notés F4. La seconde génération F2.
Aucune queue ne peut être coupée.
L’éleveur belge élève ses chevaux avec des vaches et des moutons. Il a des juments qui vivent avec Fideel, étalon canadien, fils de Duc Northfolk. Ses chevaux font un peu de travail léger : semis, foin, attelage. En Belgique, il faut un diplôme de meneur pour mener sur la route, comme en Allemagne.

Rédigé par Camille - août 2006